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Tome deuxième.
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ELOGE UE M. UE MOJVTIGMI. 58 1

le-Grand furent assez brillants pour inspirer aux jé-suites le désir de l’attirer dans une société où l’onestimait les talents, du moins comme des instru-ments utiles à la gloire de l’ordre. Ils lui faisaientespérer dans cet ordre une liberté entière de suivreses goûts, liberté que sa famille, qui voudrait sansdoute le condamner à prendre un état, ne lui lais-serait pas dans le monde. 11 devait trouver dans unesociété religieuse ce repos, cette indépendance desévénements que l’homme le plus modéré dans sesdésirs, le plus maître de ses passions, a bien de lapeine à conserver; il mettait son salut à l’abri detous les dangers du siècle : et quel emploi plusnoble pouvait-il faire de sa vie que de la consacrerau Dieu qui la lui avait donnée, et de reconnaîtretous ses bienfaits en se dévouant à le servir? Cesinsinuations devaient facilement séduire un jeunehomme qui renonçait au monde pour le cloître,sans connaître ni le cloître ni le monde, ne pouvaitsentir encore toute l’étendue du sacrifice qu’il vou-lait faire, et tout le poids de la chaîne dont il allaitse charger.

Le père de M. de Montigni ne voyait pas les jé-suites du même œil que sou fils. A peine s’aperçut-il de ses dispositions, qu’il les combattit avec toutela force de l’autorité et de la tendresse paternelles;mais il trouva de la résistance. Une correspondancesecrète, que le jeune homme entretenait avec le pèreTournemine, détruisait le fruit de tout ce qu’un pèretendre et raisonnable pouvait essayer sur le cœur deson fils; il fut obligé de l’emmener à la campagne