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Tome deuxième.
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582 ÉLOGE UE AI. DE MONT1GNJ.

pour le soustraire à ces insinuations dangereuses.Alors les sentiments naturels, que ses maîtresavaient étouffés, rentrèrent facilement dans uncœur qui était fait pour en suivre, pour en chérirles douces impressions.

Il sentit combien il aurait affligé son père, en luienlevant les consolations de sa vieillesse et les der-nières espérances de sa vie; combien il serait douxpour tous deux de s’occuper chacun du bonheur del’autre; il apprit qu’avec une fortune qui lui permet-trait d’être indépendant, il cultiverait son goût pourles sciences avec plus de liberté dans le monde quechez les jésuites; il comprit que Dieu n’exigeait pasd’un fils qu’il abandonnât son père ; d’un savant,qu’il soumît ses travaux et ses pensées aux opinionsde son supérieur; d’un citoyen , qu’il se donnât unmaître étranger; et qu’enfin on pouvait cultiver lessciences, servir l’humanité, vivre en honnête hommeet être chrétien sans se faire jésuite. Ainsi, pour con-server les expressions des mémoires que nous avonsreçus de la famille de M. de Montigni, il revint àParis moins dévol, mais plus raisonnable et meil-leur fils.

Alors il ne songea plus qu’à cultiver ses disposi-tions pour les sciences; il se lia avec les savants quis’étaient illustrés par leurs travaux, et dont l’âge nes’éloignait pas trop du sien ; tels que M. le comte deBuffon, alors occupé des mathématiques, qu’il aban-donna bientôt après, pour se livrer aux travaux d’unautre genre, par lesquels il a su se faire une sigrande célébrité; et M. Fontaine, que le caractère