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Tome deuxième.
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ÉLOGE DE M. MARGRAAF.

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la force de tête capable de rassembler beaucoup d’i-dées et d’en suivre les combinaisons; mais lorsqu’ilfaut de plus créer à la fois et les méthodes qu’onemploie, et jusqu’aux questions qu’on se proposede résoudre, on a besoin de réunir cette justessequi empêche de s’égarer, cette finesse qui démêleles petites nuances des objets , cette hardiesse à la-quelle la vue des difficultés n’inspire que le désirplus ardent de les vaincre ; qualités rares en elles-mêmes, et qui, dans les esprits d’une trempe com-mune, semblent s’exclure mutuellement.

Les arts doivent aussi quelques découvertes àM. Margraaf, celle de la composition d’une laquerouge pour la peinture, dont le secret était perdu ;celle d’un moyen d’obtenir la fécule bleue de laguède, en la retirant d’un insecte qui se nourrit desfeuilles de cette plante, et se charge de sa cou-leur; enfin, plusieurs compositions de pierres fac-tices qui imitent la dureté et le brillant des pierresprécieuses, autant que le permet la différence desmoyens employés à les produire : ce dernier objet,considéré par rapport aux sciences, n’est pas mêmesans utilité ; la comparaison des propriétés physi-ques des pierres naturelles et des pierres factices,avec leurs propriétés chimiques et les différencesqu’elles présentent dans leur analyse, peut nous con-duire à des connaissances importantes sur les loisd’après lesquelles la nature exécute ces opérations,dont elle a caché le secret dans le sein de la terre.

On ne peut refuser à M. Margraaf la gloire d’avoirété un des savants de ce siècle qui ont le plus per-