Band 
Tome deuxième.
Seite
606
JPEG-Download
 

6o6

ÉLOGE DE M. MARGRAAF.

fectionné l’analyse chimique, soit celle qui sait dé-mêler les principes des corps, en observant les phé-nomènes qui se présentent, les combinaisons qui seforment lorsqu’on les soumet aux opérations del’art; soit cette autre analyse plus parfaite qui s’oc-cupe de séparer ces principes et de les présenter àpart, chacun dans son état de pureté, ou du moinsdans celui que nous pouvons regarder comme tel.En effet, des observations nouvelles, un examenplus approfondi semblent nous avertir que, danspresque toutes les opérations de la chimie, nous neséparons les principes constitutifs d’un mixte qu’enles combinant en même temps avec d’autres subs-tances, et qu’il ne nous est pas donné d’en saisiraucune dans un état vraiment élémentaire.

M. Margraaf joint à cette gloire celle d’avoir con-tribué, par son exemple, à introduire dans les ou-vrages de chimie et dans les procédés de cette science,une méthode claire, simple, vraiment scientifique;peut-être jamais aucun physicien n’a porté à un sihaut degré l’entière exclusion de tout système , detoute hypothèse; à peine se permet-il même quelqueexplication : si, par exemple, il admet la doctrinede Stahl sur le phlogistique, on croirait, par la ré-serve avec laquelle il en parle, qu’il avait quelquepressentiment que cette doctrine, si généralementadoptée alors, serait bientôt, au moins, ébranlée.Ses mémoires se bornent à l’exposition des faits;cette exposition est claire ; les procédés par lesquelsil parvient à ces faits sont simples ; il sait en ex-clure avec habileté tout ce qui pourrait laisser des