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Tome quatrième.
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VIE DE VOLTAIRE.

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heureux que parce qu’on avait voulu qu’il fût roi,n’était pas ébloui d’un titre dont il n’avait éprouvéque les dangers. Il avait désiré d’avoir à sa cour, ouplutôt cbez lui, madame élu Châtelet et Voltaire.

L auteur des Saisons , le seul poète français qui aitréuni, comme Voltaire, l’âme et l’esprit d’un philo-sophe, vivait alors à Lunéville, où il n’était connuque comme un jeune militaire aimable ; mais sespremiers vers, pleins de raison, d’esprit et de goût,annonçaient déjà un homme fait pour honorer sonsiècle.

Voltaire menait à Lunéville une vie occupée,douce et tranquille, lorsqu’il eut le malheur d y per-dre son amie. Madame du Châtelet mourut au mo-ment où elle venait de terminer sa traduction deNewton , dont le travail forcé abrégea ses jours. Leroi vint consoler Voltaire dans sa chambre, et pleu-rer avec lui. Revenu à Paris, il se livra au travail;moyen de dissiper la douleur, que la nature a donnéà très-peu d’hommes. Ce pouvoir sur nos propresidées, cette force de tête que les peines de lame nepeuvent détruire, sont des dons précieux qu’il nefaut point calomnier en les confondant avec l’insen-sibilité. La sensibilité n’est point de la faiblesse;elle consiste à sentir les peines, et non à s’en laisseraccabler. On n’en a pas moins une âme sensible ettendre, la douleur n’en a pas été moins vive parcequ on a eu le courage de la combattre, et que desqualités extraordinaires ont donné la force de lavaincre.

Voltaire se lassait d’entendre tous les gens du mon-