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Tome quatrième.
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VIE DF, VOLTAIRE.

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de, et la plupart des gens de lettres, lui préférer Cré-billon, moins par sentiment que pour le punir del’universalité de ses talents; car on est toujours plusindulgent pour les talents bornés à un seul genre,qui, paraissant une espèce d’instinct, et laissant enrepos plus d’espèces d’amour-propre, humilientmoins l’orgueil.

Cette opinion de la supériorité de Crébillon étaitsoutenue avec tant de passion, que depuis, dans lediscours préliminaire de l’ Encyclopédie, M. d’Alem-bert eut besoin de courage pour accorder l’égalité àl’auteur d 'Alzire et de Mérope , et n’osa porter plusloin la justice. Enfin Voltaire voulut së venger, etforcer le public à le mettre à sa véritable place, endonnant Sémirarnis, Oresle et Rome sauvée, troissujets que Crébillon avait traités. Toutes les cabalesanimées contre Voltaire s’étaient réunies pour faireobtenir un succès éphémère au Catilina de son rival,pièce dont la conduite est absurde et le style barbare,où Cicéron propose d’employer sa fille pour séduireCatilina, où un grand prêtre donne aux amants desrendez-vous dans un temple, y introduit une cour-tisane en habit d’homme, et traite ensuite le sénatd’impie, parce qu’il y discute des affaires de la répu-blique.

Rome sauvée, au contraire, est un chef-d’œuvrede style et de raison : Cicéron s’y montre avec toutesa dignité et toute son éloquence; César y parle, vagit comme un homme fait pour soumettre Rome,accabler ses ennemis de sa gloire, et se faire pardon-ner la tyrannie à force de talents et de vertus; Cati-