8o
VIE DE VOLTAIKE.
Louis XIY, ou de ceux qui avaient vécu dans leursociété, qu’il raconte un petit nombre d’anecdoteschoisies avec discernement, parmi celles qui pei-gnent l’esprit et le caractère des personnages et dusiècle même. Les événements politiques ou militairesy sont racontés avec intérêt et avec rapidité : tout yest peint à grands traits. Dans des chapitres particu-liers, il rapporte ce que Louis XIV a fait pour la ré-forme des lois ou des finances, pour l’encourage-ment du commerce et de l’industrie; et on doit luipardonner d’en avoir parlé suivant l’opinion deshommes les plus éclairés du temps où il écrivait, etnon d’après des lumières qui n’existaient pas encore.
Ses chapitres sur le calvinisme, le jansénisme, lequiétisme, la dispute sur les cérémonies chinoises,sont les premiers modèles de la manière dont unami prudent de la vérité doit parler de ces honteu-ses maladies de l’humanité, lorsque le nombre et lepouvoir de ceux qui en sont encore attaqués obli-gent de soulever avec adresse le voile qui en cachela turpitude. On peut lui reprocher seulement unesévérité trop grande contre les calvinistes, qui ne serendirent coupables que lorsqu’on les força de le de-venir, et dont les crimes ne furent, en quelquesorte, que les représailles des assassinats juridiquesexercés contre eux dans quelques provinces.
Les découvertes dans les sciences, les progrès desarts, sont exposés avec clarté, avec exactitude, avecimpartialité; et les jugements toujours dictés par uneraison saine et libre, par une philosophie indulgenteet douce.