VIE DE VOLTAIRE. Q3
meme temps. Ces sortes de propositions se font tou-jours trop tard; et, si on les faisait à temps, ellesne seraient pas d’une politique bien sûre : celui quidevait etre un ennemi dangereux, deviendrait sou-vent un allié plus dangereux encore. Supposez Cal-vin ou Luther appelés à la pourpre, lorsqu’ils pou-vaient encore l’accepter sans honte, et voyez cequ ils auraient osé. On ne satisfait pas, avec les ho-chets de la vanité, les âmes dominées par l’ambitionde régner sur les esprits ; on leur fournit des armesnouvelles.
Cependant Voltaire fut tenté de faire quelquesessais de traduction , non pour rétablir sa réputa-tion religieuse, mais pour exercer son talent dansun genre de plus. Lorsqu’ils parurent, les dévotss imaginèrent qu il n’avait voulu que parodier cequil avait traduit, et crièrent au scandale. Ils n’ima-ginaient pas que Voltaire avait adouci et purifié letexte; que son Ecclésiaste était moins matérialiste,et son Cantique moins indécent que l’original sacré.Ces ouvrages furent donc encore brûlés. Voltaires en vengea par une lettre remplie à la fois d’humeurde gaiete, ou il se moque de cette hypocrisie del , R EUrS ' V ' Ce P ar dculier aux nations modernes demope et qui a contribué plus qu’on ne croit àetruire énergie de caractère qui distingue les na-tions antiques.
En 1757 parut la première édition de ses Œuvresvraiment faite sous ses yeux. 11 avait tout revu avecune attention sevère, fait un choix éclairé, mais ri-goureux, parmi le grand nombre de pièces fugitives