VIE DE VOLTAIRE. IOO
la société qui daignait le recevoir, et désigna claire-ment Voltaire, en l’accusant d’incrédulité et de men-songe. Bientôt après, Palissot, instrument vénal dela haine d’une femme, met les philosophes sur lethéâtre. Les lois qui défendent de jouer les person-nes, sont muettes. La magistrature trahit son devoir,et voit, avec une joie maligne, immoler sur la scèneles hommes dont elle craint les lumières et le pou-voir sur l’opinion, sans songer qu’en ouvrant la car-rière à la satire, elle s’expose à en partager les traits.Crébillon déshonore sa vieillesse, en approuvant lapièce. Le duc de Clioiseul, alors ministre en crédit,protège cette indignité par faiblesse pour la mêmefemme dont Palissot servait le ressentiment. Lesjournaux répètent les insultes du théâtre. Cependanto taire se réveille. Le Pauvre Diable , le Russe àans, a Vanité , une foule de plaisanteries en prosese succèdent avec une étonnante rapidité.
Le Franc de Pompignan se plaint au roi, se plainta Académie, et voit, avec une douleur impuissante,que le nom de Voltaire y écrase le sien. Chaque dé-marche multiplie les traits que toutes les bouches^epetent, et les vers pour jamais attachés à son nom.n > •; P ose a un protecteur auguste de manquer à ce
1 1ém 1 1 eSl P '°' nis a lù-même, en retournant à l’Aca-pom onner sa voix à un homme auquel Jeputice s mtet essait; il n’obtient qu’un refus poli dece sacu ice, a le malheur, en se retirant, d’entendrelepeter, par son protecteur même, ce vers si terrible:
Et l’ami Pompignan pense être quelque chose!