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Tome quatrième.
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VIE DE VOLTAIRE.

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étaient négligés. On refusait à un fils la permissiond’embrasser son père mourant; on retenait un hommedans un lieu insalubre , où il ne pouvait appeler safamille sans l’exposer à partager ses dangers; un ma-lade obtenait avec peine la liberté de chercher dansla capitale des secours qu’elle seule peut offrir. Ungouvernement absolu, s’il montre de la crainte, an-nonce ou la défiance de ses forces , ou l’incertitudedu monarque, ou l’instabilité des ministres, et parlà il encourage à la résistance. Et l’on montrait cettecrainte en faisant dépendre le retour des exilés d’unconsentement inutile dans l’opinion de ceux mêmequi l’exigeaient.

Une opération salutaire ne change point de na-ture, si elle est exécutée avec dureté; mais alorsl’homme honnête et éclairé qui l’approuve, s’il secroit obligé de la défendre, ne la défend qu’à regret;son âme révoltée n’a plus ni zèle, ni chaleur pourun parti que ses chefs déshonorent. Ceux qui man-quent de lumières passent, de la haine pour le mi-nistre, à l’aversion des mesures qu’il soutient parl’oppression ; et la voix publique condamne ce que,laissée à elle-même, elle eût peut-être approuvé.

Legrand nombre des magistrats que cette révolu-tion privait de leur état, le mérite et les vertus dequelques-uns, la foule des ministres subalternes dela justice liés à leur sort par honneur et par intérêt,ce penchant naturel qui porte les hommes à s’unirà la cause des persécutés, la haine non moins natu-relle pour le pouvoir : tout devait à la fois rendreodieuses les opérations du ministère , et lui susciter