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Tome quatrième.
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VU! DE VOLTAIRE.

I 34

d’examiner Ions les actes de la procédure, le droitde présenter des témoins, de faire entendre des faitsjustificatifs. La nation, l’Europe entière auraient ap-plaudi; les magistrats dépossédés n’auraient plus étéque les ennemis de ces innovations salutaires; et leurchute, que l'époque ou le souverain aurait recouvré laliberté de se livrer à ses vues de justice et d’humanité.

A la vérité, la vénalité des charges fut supprimée;mais les juges étant toujours nommés par la cour,on ne vit dans ce changement que la facilité deplacer dans les tribunaux des hommes sans fortuneet plus faciles à séduire.

On diminua les ressorts les plus étendus, mais onn’érigea pas en parlements ces nouvelles cours; onne leur accorda point l’enregistrement, et par là onmit entre elles et les anciens tribunaux une diffé-rence, présage de leur destruction; enfin, on sup-prima les épices des juges, remplacées par des ap-pointements fixes, seule opération que la raison pûtapprouver tout entière.

Ceux qui conduisaient cette révolution parvin-rent cependant à la consommer, malgré une récla-mation presque générale. Le duc de Choiseul, accuséde fomenter en secret la résistance un peu incer-taine du parlement de Paris, et d’avoir retardé laconclusion d’une pacification entre l’Angleterre etl’Espagne, fut exilé dans ses terres. Le parlement,obligé de prendre, par reconnaissance, le parti dela fermeté, fut bientôt dispersé. Le duc d’Aiguillondevint ministre ; un nouveau tribunal remplaça leparlement. Quelques parlements de province eurent