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Tome quatrième.
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VIE DE VOLTAIRE.

du chancelier Maupeou, fui du moins utile aux mal-heureux. S’il ne put obtenir justice pour la mé-moire de l’infortuné la Barre; s’il ne put rendre lejeune d’Etallonde à sa patrie; si un ménagementpusillanime pour le clergé l’emporta dans le ministresur l’intérêt de sa gloire, du moins Voltaire eut lebonheur de sauver la femme de Montbailli. Cet in-fortuné, faussement accusé d’un parricide, avait périsur la roue; sa femme était condamnée à la mort :elle supposa une grossesse, et eut le bonheur d’ob-tenir un sursis.

Nos tribunaux viennent de rejeter une loi sagequi, mettant entre le jugement et l’exécution unintervalle dont l’innocence peut profiter, eût prévenupresque toutes leurs injustices; et ils l’ont refuséeavec une humeur qui suffit pour en prouver la né-cessité (i). Les femmes seules, en se déclarantgrosses, échappent au danger de ces exécutions pré-cipitées. Dans l’espace de moins de vingt ans, cemoyen a sauvé la vie à trois personnes innocentes,sur lesquelles des circonstances particulières ontattiré la curiosité publique : autre preuve de l’utilitéde cette loi, à laquelle un orgueil barbare peut seuls’opposer, et qui doit subsister jusqu’au temps oùl’expérience aura prouvé que la législation nouvelle

^i) Il est juste d’observer que tous les magistrats n’ont pascette haute idée de leurs droits, cet amour du pouvoir. L’und’eux vient de mériter l’estime et la vénération de tous les ci-toyens, en prononçant, dans le parlement de Paris, ces parolesremarquables : Les citoyens seuls ont des droits; les magistrats,comme magistrats , n'ont que des devoirs.