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(qui sans doute va bientôt remplacer l’ancienne)n’expose l’innocence à aucun danger.
On revit le procès de la femme Montbailli; leconseil d’Artois, qui l’avait condamnée, la déclarainnocente; et plus noble ou moins orgueilleux quele parlement de Toulouse, il pleura sur le malheurirréparable d’avoir fait périr un innocent; il s’im-posa lui-même le devoir d’assurer desjours paisiblesà l’infortunée dont il avait détruit le bonheur (])•
Si Voltaire n’avait montré son zèle que contredes injustices liées à des événements publics, ou ala cause de la tolérance, on eût pu l’accuser de va-nité; mais ce zèle fut le même pour cette causeobscure à laquelle son nom seul a donné de l’é-clat.
C’est ainsi qu’on a vu depuis un magistrat (a), en-levé trop tôt à ses amis et aux malheureux, intéresserl’Europe à la cause de trois paysans de Champagne,et obtenir, par son éloquence et par la persécution ,une gloire brillante et durable pour prix d’un zèleque le sentiment de l'humanité, l’amour de la jus-tice avaient seuls inspiré. Les hommes incapables deces actions ne manquent jamais de les attribuer audésir de la renommée; ils ignorent quelles angoissesle spectacle d’une injustice fait éprouver à une âmehère et sensible, à quel point il tourmente la mé-moire et la pensée, combien il fait sentir le besoinimpérieux de prévenir ou de réparer le crime; ils
(1) Voyez la Méprise. d'Arras, 1771 : Politique et Législation,t. II, p. 355 et suiv.
(2) TVI. Dupatv.