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Tome quatrième.
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VIE DE VOLTAIRE.

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vent complice de ses envieux. M. de Villeüe venaitd’épouser à Ferney mademoiselle de Varicour, d’unefamille noble du pays de Gex, que ses parents avaientconfiée à madame Denis : Voltaire les suivit à Paris,séduit en partie par le désir de faire jouer devant luila tragédie d 'Irène qu’il venait d’achever. Le secretavait été gardé. La haine n’avait pas eu le temps depréparer ses poisons, et l’enthousiasme public nelui permit pas de se montrer. Une foule d’hommes,de femmes de tous les rangs, de toutes les profes-sions, à qui ses vers avaient fait verser de douceslarmes, et qui avaient tant de fois admiré son géniesur la scène et dans ses ouvrages, qui lui devaientleur instruction, dont il avait guéri les préjugés, à quiil avait inspiré une partie de ce zèle contre le fana-tisme, dont il était dévoré, brûlaient du désir devoir le grand homme qu’ils admiraient. La jalousiese tut devant une gloire qu’il était impossible d’at-teindre , devant le bien qu’il avait fait aux hommes.Le ministère, l’orgueil épiscopal furent obligés derespecter l’idole de la nation. L’enthousiasme avaitpassé jusque dans le peuple; on s’arrêtait devant sesfenêtres; on y passait des heures entières, dans l’es-pérance de le voir un moment; sa voilure, forcéed’aller au pas , était entourée d’une foule nombreusequi le bénissait et célébrait ses ouvrages.

L’Académie française, qui ne l’avait adopté qu’àcinquante-deux ans, lui prodigua les honneurs, et lereçut moins comme un égal que comme le souverainde l’empire des lettres. Les enfants de ces courtisansorgueilleux qui l’avaient vu avec indignation vivre