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Tome quatrième.
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VIE DE VOLTAIRE.

dans leur société sans bassesse, et qui se plaisaientà humilier en lui la supériorité de l’esprit et des ta-lents, briguaient l’honneur de lui être présentés, etde pouvoir se vanter de l’avoir vu.

C’était au théâtre où il avait régné si longtemps,qu’il devait attendre les plus grands honneurs. Il vintà la troisième représentation d 'Irène, pièce faible,à la vérité, mais remplie de beautés, et où les ridesde l’âge laissaient voir encore l’empreinte sacrée dugénie. Lui seul attira les regards d’un peuple avidede démêler ses traits, de suivre ses mouvements,d’observer ses gestes. Son buste fut couronné sur lethéâtre au milieu des applaudissements, des cris dejoie, des larmes d’enthousiasme et d’attendrissement.Il fut obligé, pour sortir, de percer la foule entasséesur son passage; faible, se soutenant à peine; les gardesqu’on lui avait donnés pour l’aider lui étaient inutiles:à son approche on se retirait avec une respectueusetendresse; chacun se disputait la gloire de l’avoirsoutenu un moment sur l’escalier; chaque marchelui offrait un secours nouveau , et on ne souffrait pasque personne s’arrogeât le droit de le soutenir troplongtemps.

Les spectateurs le suivirent jusque dans son ap-partement : les cris de vive Voltaire , vive la Hen-nade, vive Mahomet , vive la Pucelle, retentissaientautour de lui. On se précipitait à ses pieds, on bai-sait ses vêtements. Jamais homme n’a reçu des mar-

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ques plus touchantes de l’admiration, de la tendressepublique; jamais le génie n’a été honoré par un hom-mage plus flatteur. Ce n’était point à sa puissance,