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Tome quatrième.
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VIH DK VOLTAIRE.

à D’Alemberl, troublée rarement par des nuagespassagers, ne se termina cpie par la mort. On voitdans ses ouvrages que peu d’hommes sensibles ontconservé aussi longtemps que lui le souvenir desamis qu’ils ont perdus dans la jeunesse.

On lui a reproché ses nombreuses querelles; maisdans aucune il n’a été l’agresseur; mais ses ennemis,ceux du moins pour lesquels il fut irréconciliable,ceux qu’il dévoua au mépris public, ne s’étaient pasbornés à des attaques personnelles ; ils s’étaientrendus ses délateurs auprès des fanatiques, et avaientvoulu appeler sur sa tête le glaive de la persécution.Il est affligeant sans doute d’être obligé de placerdans cette liste des hommes d’un mérite réel : lepoète Rousseau, les deux Pompignan (i), Larcher,et même Rousseau de Genève. Mais n’est-il pas plusexcusable de porter trop loin, dans sa vengeance, lesdroits de la défense naturelle, et d’être injuste encédant à une colère dont le motif est légitime, quede violer les lois de l'humanité en compromettantles droits, la liberté, la sûreté d’un citoyen, pour

(i) L’un d’eux vient d’effacer, par une conduite noble et pa-triotique, les taches que ses délations épiscopales avaient ré-pandues sur sa vie. On le voit adopter aujourd’hui, avec courageles mêmes principes de liberté que dans ses ouvrages il reprochaitavec amertume aux philosophes, et contre lesquels il invoquait lavengeance du despotisme. On se tromperait, si, d’après cettecontradiction, on l’accusait de mauvaise foi. Rien n’est plus com-mun que des hommes qui, joignant à une âme honnête et à unsens droit, un esprit timide, n’osent examiner certains principes,ni penser d’après eux-mêmes, sur certains objets, avant de sesentir appuyés par l’opinion.