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Tome quatrième.
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dans Locke el dans Sidney que dans Montesquieu.

Voltaire a souvent critiqué XEsprit des Lois, maispresque toujours avec justice; et ce qui prouve qu’ila eu raison de combattre Montesquieu, c’est quenous voyons aujourd’hui les préjugés les plus ab-surdes et les plus funestes s’appuyer de l’autorité decet homme célèbre, et que, si le progrès des lumièresn’avait enfin brisé le joug de toute espèce d’autoritédans les questions qui ne doivent être soumises qu’àla raison, l’ouvrage de Montesquieu ferait aujourd’huiplus de mal à la France qu’il n’a pu faire de bien ài’Europe. L’enthousiasme de ses partisans a étéporté jusqu’à dire que Voltaire n’était pas en état dele juger, ni même de l’entendre. Irrité du ton de cescritiques, il a pu mêler quelque teinte d’humeur àses justes observations. N’est-elle pas justifiée par u nehauteur si ridicule ?

La mode d’accuser Voltaire de jalousie était mêmeparvenue au point que l’on attribuait à ce sentiment,et ses sages observations sur l’ouvrage d’Helvétius,que par respect pour un philosophe persécuté ilavait eu la délicatesse de ne publier qu’après samort, et jusqu’à sa colère contre le succès éphémèrede quelques mauvaises tragédies : comme si on nepouvait être blessé, sans aucun retour sur soi-même,de ces réputations usurpées, souvent si funestes auxprogrès des arts et de la philosophie! Combien,dans un autre genre, les louanges prodiguées à Ri-chelieu, à Colbert et quelques autres ministres,n’onl-elles pas arrêté la marche de la raison dans lessciences politiques!