Band 
Tome quatrième.
Seite
173
JPEG-Download
 

VIF. DE VOLTAIRE.

17 ?»

médie sont les seuls où il n’ait pas mérité d’êtreplacé au premier rang. Il ne réussit point dans la co-médie, parce qu’il avait, comme on l’a déjà remar-qué, le talent de saisir le ridicule des opinions, elnon celui des caractères, qui, pouvant être mis enaction, est seul propre à la comédie.Ce n’est pas quedans un pays où la raison humaine serait affranchiede toutes ses lisières, où la philosophie serait popu-laire, on ne pût mettre avec succès sur le théâtre desopinions à la fois dangereuses et absurdes ; maisce genre de liberté n’existe encore pour aucunpeuple.

La poésie lui doit la liberté de pouvoir s’exercerdans un champ plus vaste ; et il a montré commentelle peut s’unir avec la philosophie ; de manière quela poésie, sans rien perdre de ses grâces, s’élève à denouvelles beautés, et que la philosophie, sans sé-cheresse et sans enflure, conserve son exactitude etsa profondeur.

On ne peut lire son théâtre sans observer quel’art tragique lui doit les seuls progrès qu’il ait faitsdepùis Racine; et ceux même qui lui refuseraientla supériorité ou l’égalité du talent de la poésie, nepourraient, sans aveuglement ou sans injustice,méconnaître ces progrès. Ses dernières tragédiesprouvent qu’il était bien éloigné de croire avoiratteint le but de cet art si difficile. Il sentait quel’on pouvait encore rapprocher davantage la tra-gédie de la nature, sans lui l ien ôter de sa pompe etde sa noblesse; qu’elle peignait encore trop souventdes mœurs de convention, que les femmes y par-