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Tome quatrième.
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VIE DE VOLTAIRE.

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laienl trop de leur amour, qu’il fallait les offrir surle théâtre comme elles sont dans la société, ne mon-trant d’abord leur passion que parles efforts qu’ellesfont pour la cacher, et ne s’y abandonnant que dansles moments où l’excès du danger et du malheurne permet plus de rien ménager. 11 croyait que deshommes simples, grands par leur seul caractère,étrangers à l’intérêt et à l’ambition, pouvaient offrirune source de beautés nouvelles, donner à la tra-gédie plus de variété et de vérité. Mais il était tropfaible pour exécuter ce qu’il avait conçu; et si l’onexcepte le rôle du père d "Irène, ses dernières tra-gédies sont plutôt des leçons que des modèles.

Si donc un homme de génie dans les arts, estsurtout celui qui, en les enrichissant de nouveauxchefs-d’œuvre, en a reculé les bornes, quel hommea plus mérité que Voltaire ce titre, qui lui a été ce-pendant refusé par des écrivains, la plupart tropéloignés d’avoir du génie pour sentir ce qui en est levrai caractère?

C’est à Voltaire que nous devons d’avoir conçul’histoire sous un point de vue plus vaste, plus utileque les anciens. C’est dans ses écrits qu’elle est de-venue, non le récit des événements, le tableau desrévolutions d’un peuple, mais celui de la naturehumaine, tracé d’après les faits; mais le résultat phi-losophique de l’expérience de tous les siècles et detoutes les nations. C’est lui qui le premier a introduitdans l’histoire la véritable critique, qui a montré lepremier que la probabilité naturelle des événementsdevait entrer dans la balance avec la probabilité des