ADÉLAÏDE DU GUESCLIN.
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cette façon, et ce mois-ci, dans la même cause, ellesont jugé tout le contraire, et toujours à merveille.
« i\l. Oghières, riche banquier à Paris, ayant étéchargé de faire composer une marche pour un desrégiments de Charles XII, s’adressa au musicienMouret. La marche fut exécutée chez le banquier,en présence de ses amis , tous grands connaisseurs.La musique fut trouvée détestable; Mouret remportasa marche, et l’inséra dans un opéra qu’il fit jouer.Le banquier et ses amis allèrent à son opéra; lamarche fut très-applaudie. Eh ! voilà ce que nousvoulions, dirent-ils à Mouret ; que ne nous donniez-vous une pièce dans ce goût-là? — Messieurs, c’estla même.
« On ne tarit point sur ces exemples. Qui ne saitque la même chose est arrivée aux idées innées, àl’émétique et à l’inoculation? Tour à tour sifflées etbien reçues, les opinions ont ainsi flotté dans les af-faires sérieuses, comme dans les beaux-arts et dansles sciences.
Quoil petiit spernit, repetit quod nuper omisit.
« La vérité et le bon goût n’ont remis leur sceauque dans la main du temps. Cette réflexion doit re-tenir les auteurs des journaux dans les bornes d’unegrande circonspection. Ceux qui rendent comptedes ouvrages, doivent rarement s’empresser de lesjuger. Ils ne savent pas si le public, à la longue,jugera comme eux; et puisqu’il n’a un sentiment dé-cidé et irrévocable qu’au bout de plusieurs années,