ZULÏME. IC)5
(|iie penser de ceux <pii jugent de tout sur une lec-ture précipitée?»
ZULIME.
Cette tragédie fut représentée, pour la premièrefois, en 1740; reprise en 1762, et imprimée alorstelle qu’on la trouve dans ce recueil. 11 en a paruune édition furtive que M. de Voltaire a désavouée.Ces variantes ont été recueillies d’après cette édition.
ZuHme est le même sujet que Bnjazet et qu 'A-riadne. Dans Ariadne , tout est sacrifié à ce rôle :Thésée, Phèdre, OEnarus, Pirithoüs ne sont pas sup-portables; l’ingratitude de Thésée, la trahison dePhèdre n’ont aucun motif; ils sont odieux et avilis ;mais le rôle d’Ariadne fait tout pardonner. Dans Ba-Jazet, Roxane n’est point intéressante; elle trahitAmural, son amant et son bienfaiteur. Sa passion estcelle d’une esclave violente et intéressée; mais celtepassion est peinte par un grand maître. Le rôle deBajazel, quoique faible, est noble. C’est malgré luiqu’Acomat et Atalide l’ont engagé dans une intriguedont il rougit. Le personnage d’Atalide est touchant,d’une sensibilité douce et vraie.
Racine est le premier qui ait mis sur le théâtre,des femmes tendres sans être passionnées, tellesqu 'Atalide, Monime , Junie, Iphigénie , Bérénice. IIn’en avait trouvé de modèles, ni chez les Grecs, nichez aucun peuple moderne, excepté dans les pas-torales italiennes. L’art de rendre ces caractères
13 .