Band 
Tome quatrième.
Seite
237
JPEG-Download
 

LE RUSSE A PARIS. 1 3 7

la paix, que M. de Voltaire en a quelquefois exagéréles avantages.

Nous avouerons avec la même franchise, que lavie d’un honnête homme , peinte dans le Mondain ,est celle d’un Sybarite, et que tout homme qui mènecette vie ne peut être, même sans avoir aucun vice,qu’un homme aussi méprisable qu’ennuyé -, mais ilest aisé de voir que c’est une pure plaisanterie. Unhomme qui, pendant soixante-dix ans, n’a pointpeut-être passé un seul jour sans écrire ou sans agiren faveur de l’humanité, aurait-il approuvé une vieconsumée dans de vains plaisirs? Il a voulu direseulement qu’une vie inutile, perdue dans les vo-luptés, est moins criminelle et moins méprisablequ’une vie austère employée dans l’intrigue, souil-lée par les ruses de l’hypocrisie ou les manœuvresde l’avidité.

LE RUSSE A PARIS.

Nous avons rétabli les notes de cette satire d’aprèsles premières éditions. L’auteur avait cru devoir ensupprimer quelques-unes. Ce qui occupait les espritsen 1760 était oublié en 1770. Il faut se rappeler,en les lisant, l’époque où elles ont été faites, et lanécessité où se trouvait M. de Voltaire de dévoilerl’hypocrisie des hommes qui, sous le masque dupatriotisme, comme sous le manteau de la religion,cherchaient à perdre auprès de Louis XV des écri-vains vertueux et amis du bien public, dont tout le