SUR VOLTAIRE. 347
pour le diable et de tristes jouissances. Ces gens, àforce de causer entre eux, étaient-ils parvenus àrêver les mêmes extravagances? Allaient-ils réelle-ment à une assemblée où quelques fripons avaientdisposé cet appareil magique et jouaient le rôle dediables? C’est ce que Pierre d’Ancre aurait pu savoir,s’il avait été moins imbécile. Songeons que du tempsde Henri IV, la vie, l’honneur, les biens des citoyensdépendaient de magistrats qui croyaient que le diableavait du sperme, que ce sperme était froid, et felici-tons-nous de vivre dans un autre siècle.
ANCRE (la maréchale d’) (i).
L’avocat général Lebret m’a dit (au cardinal deRichelieu ) que les imputations qu’on faisait à la dé-funte étaient si frivoles, el les preuves si faibles, que,quelques sollicitations qu’on lui fit, qu’il était néces-saire pour l’honneur et la sûreté de la vie du roi,qu’elle mourût, il ne voulut jamais donner ses con-clusions à la mort, que sur l’assurance qu’il eut, parla propre bouche de Luynes, qu’étant condamnée,le roi lui donnerait sa grâce.
Elle mourut avec courage au milieu des larmes dupeuple, dont son malheur, et l’avide cruauté deses ennemis, avaient changé les sentiments.
Le 2 juin 1617, l’évêque de Mâcon, portant laparole au nom du clergé assemblé, dit au roi : que
p) Voltaire, tome XXV, p. 220.