Band 
Tome quatrième.
Seite
464
JPEG-Download
 

NOTES

464

loger à sa fantaisie; en un mot, de faire de sa pro-priété l’usage qu’il veut en faire, pourvu que cetusage ne blesse le droit de personne.

Les lois somptuaires ont été très-communes chezles nations anciennes; elles eurent pour cause l’envieque les citoyens pauvres portaient aux riches, ou lapolitique des riches mêmes qui ne voulaient pas queles hommes de leur parti dissipassent en frivolitésdes richesses qu’on pouvait employer à l’accroisse-ment de la puissance commune. Les anciens, qui,dans plusieurs de leurs institutions politiques, ontmontré une sagacité et une profondeur de vues quenous admirons avec raison, ignoraient les vraisprincipes de la législation , et comptaient pour rienla justice. Ils croyaient que la volonté publique adroit d’exiger tout des individus et de les soumettreà tout; opinion fausse, dangereuse, funeste aux pro-grès de la civilisation et des lumières, et qui ne sub-siste encore que trop parmi nous.

L’histoire a prouvé que toutes les lois somptuairesdes anciens et des modernes ont été partout , aprèsun temps très-court, abolies, éludées ou négligées;la vanité inventera toujours plus de manières de sedistinguer (pie les lois n’en pourront défendre.

Le seul moyen permis d’attaquer le luxe par leslois, et en même temps le seul (pii soit vraimentefficace, est de chercher à établir la plus grande éga-lité entre les fortunes, par le partage égal des suc-cessions, la destruction, ou la restriction du droitde tester, la liberté de toute espèce de commerce etd’industrie ; et ces lois sont précisément celles que, in '