NOTES
540
mal d’après ces idées, les allèrent en y mêlant desidées accessoires, etc., comme ces mêmes êtrespeuvent se tromper sur d’autres objets; mais puisquetout être raisonnant juste sera conduit aux mêmesidées en morale comme en géométrie, il n’en estpas moins vrai que ces idées ne sont point arbi-traires, mais certaines et invariables. Elles sont, eneffet, la suite nécessaire des propriétés des êtres sen-sibles et capables de raisonner ; elles dérivent de leurnature; en sorte qu’il suffit de supposer l’existencede ces êtres, pour que les propositions fondées sili-ces notions soient vraies ; comme il suffit de sup-poser l’existence d’un cercle, pour établir la véritédes propositions qui en développent les différentespropriétés. Ainsi, la réalité des propositions morales,leur vérité, relativement à l’état des êtres réels , deshommes, dépend uniquement de cette vérité de fait:les hommes sont des êtres sensibles et intelligents.
PUCELLE (l’abbé) (i).
L’abbé Pucelle était neveu de M. de Catinat. Samère accordait à son frère aîné une préférence queles premières années de la jeunesse du cadet sem-blaient excuser, et qui cependant était la seule causede ces erreurs, dans un homme qui était né avec uncaractère très-ferme et une âme ardente. Elle ledéshérita; il 11’avait encore aucun état, quoiqu’il eûtété tonsuré dans son enfance. Son frère vint le trou-
(1) Voltaire, tome XII, p. 21.