SUR VOLTAIRE.
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VIOL (sur le).
A Voccasion de l’anecdote relative à une reine qui, pour éluderl’accusation d’une complaignante, prit un fourreau d’épée, et lesecouant toujours, fit voir à la dame qu’il ri était pas possiblealors de mettre l’épée dans le fourreau.
Le viol est un véritable crime, même indépen-damment de toutes les idées d’honneur, de vertu,attachées à la chasteté. C’est une violation de la pro-priété que chacun doit avoir de sa personne; c’estun outrage fait à la faiblesse par la force. Il doit êtrepuni comme les autres attentats à la sûreté person-nelle, qui sont distincts du meurtre. L’expédient decette reine est une plaisanterie; il suppose un sang-froid qu’il est difficile de conserver. Si un homme,ayant une arme, s’est laissé assommer parce que lapeur l’a empêché de s’en servir, l’assassin n’est pasmoins coupable. Les preuves du viol ne sont pasimpossibles; il peut y en avoir de telles, qu’elles nelaissent aucun doute, et c’est d’après celles-là seulesqu’on peut condamner. D’ailleurs, ce crime peuts’exécuter parle concours de plusieurs personnes,et en employant les menaces : ainsi, quoiqu’il soittrès-rare qu’il ait été commis par un homme seul,on ne peut le placer au rang des crimes imaginaires,ou de ceux dont la loi ne doit point connaître.
( 1 ) Voltaire, tome XLV, p. 3i8.
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