SU1\ VOLTAIRE.
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Sur ces vers de Clndius, dans Catilina (i) :
Et cet homme inconnu, ce fils heureux du sort,Condamne insolemment ses maîtres à la mort.
À cette époque , aucun citoyen romain ne pouvaitêtre condamné à mort qu’en violant les lois. Cicé-ron, avant de faire de l’autorité illimitée qu’il avaitreçue, un usage contraire à une loi respectée dansRome, et chère au peuple, consulta le sénat. Ce futdans cette occasion que César et Caton pronon-cèrent deux discours : Caton , pour prouver la né-cessité de faire mourir les conjurés; César, pourproposer de les renfermer seulement dans quelquesvilles d’Italie. Ces discours nous ont été transmis parSalluste. On ignore , à la vérité , si ce sont réellementceux que César et Caton ont prononcés dans le sénat,ou des discours de l’invention de Salluste, suivantl’usage des anciens historiens.
Il est à remarquer que César, souverain pontife,dit, en plein sénat, dans ce discours, qu’il ne fautpas punir de mort les conjurés, parce que la mortleur ôtera le sentiment de toutes les peines, et celuide leur opprobre, qu’elle serait une grâce plutôtqu’un supplice : il nie hautement les peines après lamort. Soit que César ait fait ce discours, soit queSalluste , auteur contemporain , l’ait attribué au sou-verain pontife, il en résulte également (pie les idéesreligieuses des anciens Romains étaient bien diffé-
(i) Tome IV, p. 2G7.
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