Band 
Tome douzième.
Seite
75
JPEG-Download
 

SUR LES FINANCES.

7 5

aux monnaies métalliques, a des causes particuliè-res, dont quelques-unes peuvent être attaquées; etcet objet devient d’autant plus important, que l’étatde guerre nous obligerait à une dépense considéra-ble en argent. D’ailleurs, cette différence fût-elleabsolument produite par des causes étrangères et àla masse des papiers en circulation , et aux motifsréels de la confiance, elle serait toujours un mal,parce qu’elle serait un moyen d’appeler la défiance,d’exciter des inquiétudes. Enfin, cette même diffé-rence , influant sur le prix des denrées et des matièrespremières qu’on pourrait tirer de l’étranger, influe,par une conséquence nécessaire, sur leur prix géné-ral et sur celui de presque toutes les autres.

La masse des billets excède les besoins de la cir-culation : cela est prouvé et par la rareté extrêmede l’argent, et par l’augmentation des prix. Existe-t-il de la défiance ? Il serait difficile de le nier. Cen’est pas , à la vérité , de cette défiance du momentprésent, qui anéantit, en quelque sorte, tout effetpublic qu’elle a frappé, mais de cette défiance qui seporte sur un temps plus éloigné, qui n’avilit pas unpapier, mais qui, en augmentant l’empressement del’employer avec quelque profit, en fait nécessaire-ment baisser la valeur.

Quelle est la cause de ces deux maux? C’est quel’Assemblée constituante n’a pas assez calculé ses opé-rations. Lorsqu’elle créa les assignats, elle devait sedire : « Ils auront non-seulement pour hypothèque,mais pour moyen d’extinction, la vente de telle massede biens nationaux ; donc il faut régler l’émission