Band 
Tome douzième.
Seite
94
JPEG-Download
 

DISCOURS

94

nus par la révolution est attachée à l’exactitudeavec laquelle ils rempliront ce devoir; que s’ils lenégligent, les abus détruits depuis deux années, ourenaîtront, ou seront remplacés par d’autres pluselifficiles à déraciner. En effet, il est évident qu’envain présenterions-nous un milliard, ou même plusd’un milliard d’excédant entre nos ressources et lesbesoins ou les dettes, la confiance ne peut renaî-tre , si l’on n’a pas la certitude d’avoir, dans lepayement des impositions, un moyen annuel desubvenir aux dépenses.

Tel est le véritable mal de notre position : tantque les impôts ne suffiront pas aux dépenses ordi-naires, tant qu’on payera une partie de ces dépen-ses en assignats nouveaux, on verra toujours unterme après lequel les ressources en capitaux serontépuisées. Cependant il ne faut ici rien exagérer : siles rentrées des impositions, si seulement l’état desrôles en mars, en avril, en mai, était tel que l’onpuisse juger, avec une sorte de certitude, que l’an-née 1793 produira rigoureusement une somme égaleà la somme imposée, on verra bientôt le crédit serétablir. Car personne n’a jamais pensé que, dansla première année, le recouvrement dût être com-plet et régulier; mais on espérait, et on avait droitd’espérer que cette première année annonceraitque, pour la suivante, on atteindrait le termedésiré.

Tel est le véritable but auquel il faut tendre, ense défendant également, et de la confiance exagéréedes amis plus ardents qu’éclairés de la chose publi-