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Tome douzième.
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J 1 8 LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

C’est donc entre l’intérêt personnel, entre l’amourde l’argent et des distinctions, et les plus nobles, lesplus énergiques passions du cœur humain, que sebalance la victoire. Et pourrait-elle rester longtempsincertaine?

Un tyran fit brûler dans l’école de Crotone tousles disciples de Pythagore qui prêchaient la liberté etla destruction des rois. On prétend qu’Édouardl er ,roid’ Angleterre, ordonna le massacre de tous les bardes,parce qu’ils excitaient les Gallois à défendre contrelui leurs droits et leur indépendance. Mais aujour-d’hui les vérités ne se transmettent plus seulementpar la bouche des philosophes et des poètes, et nepérissent plus avec eux. L’invention de l’imprimerieleur a conféré un caractère indestructible, et les ty-rans réunis ne peuvent plus espérer d’en étouffer uneseule dans le sang de ses défenseurs.

Les esclaves de quelques rois doivent, dit-on, seréunir à Luxembourg, pour y ordonner, au nom deleurs maîtres , l’éteruelle destruction de la liberté dugenre humain, et ils y prononceront sur la destinéedelà nation française,dans une citadelle autrichienne,au milieu des baïonnettes de nos ennemis. Mais cehonteux projet, cette lâche et criminelle insulte à la

principes français, et on trouvera qu’il se réduit à ce peu de pa-roles : «Les hommes sont des sots, éternellement destinés à êtretrompés et gouvernés par des rois et par des prêtres, et c’est pourle plus grand bien de tous. Les gens d’esprit comme moi iront-ils se fatiguer pour éclairer les sots? Non: mais ils prendront,dans leurs dépouilles, la part que les rois et les prêtres voudrontbien leur laisser. >>