AUX HOMMES LIBRES.
il?
religieuse à l’honneur chevaleresque des défenseursde Charles 1 er . L’amour de la liberté, de l’égalité, estaujourd’hui la passion dominante des Français;fortsde cet enthousiasme, allumé au flambeau de l’éter-nelle vérité, ils n’ont besoin du fanatisme d’aucuneerreur. Ils n’en auront même pas à combattre. On saitaujourd’hui, d’un bout de l’Europe à l’autre, quetous les hommes ont les mêmes droits; que les roisn’ont de pouvoir légitime que celui qu’ils tiennentde la volonté ou de l’insouciance du peuple gouvernépar eux; que la conscience de l'homme devant êtrelibre, chacun est le maître de choisir son dieu commeses prêtres.
Nul homme de sens n’ose défendre ni les rois,ni la noblesse, ni l’établissement d’un culte exclusif,que comme des institutions politiques utiles à la paix,à la prospérité d’une nation trop ignorante ou tropcorrompue pour s’en passer encore. On en est réduità calomnier les hommes, à les accuser d’être indi-gnes d’exercer, dans toute leur étendue, ces droitsqu’ils tiennent de la nature et que l’on n’ose plusleur contester. Or, quel enthousiasme, quelle pas-sion capable de grands efforts, quels mouvementsdignes de commander les succès, peuvent naître decette froide et fausse politique ! A quel imbécile per-suadera-t-on de mourir pour défendre ce qu’on estobligé de lui donner comme une erreur, que, parmépris pour lui-même, on juge encore utile deconserver(i)?
(i) Qu’on lise l’ouvrage de Burke, le plus éloquent ennemi des