Band 
Tome douzième.
Seite
124
JPEG-Download
 

AVIS

I o.i\

peuple est aujourd’hui l’esclave de Rome, et au con-cile de Trente Philippe II avait été obligé d’employerles menaces, pour empêcher son clergé de combattrela tyrannie papale et de réformer l’Eglise. Les seulsévêques espagnols s’y honorèrent à la fois par leursmœurs et par leurs lumières au milieu de l’ignorancedes Allemands, de l’intrigue des Italiens et de lapolitique des Français.

L’oppression des communes de Castille signalales premiers instants de la puissance autrichienne,et présagea ce que l’Espagne en devait attendre. Lesfureurs de l’inquisition et la destruction des droitsde P Aragon marquèrent le règne désastreux de Phi-lippe II. Les assemblées nationales perdirent touteespèce de pouvoir, et ne furent plus que de vainescérémonies.

Le sang espagnol a coulé pendant deux siècles : ila inondé l’Italie, les Pays-Bas et la France, pourréaliser ce système de monarchie universelle, conçupar l’ambition de Charles Y, et dont la maison d’Au-triche n’est pas encore désabusée.

Après avoir ensuite acheté, par douze ans d’uneguerre dévastatrice, le bonheur d’avoir un Bourbonpour maître , l’Espagne a vu ses soldats et ses trésorsemployés, d’abord, à former en Italie des établisse-ments aux fds de son roi, et depuis, au soutien decette conjuration des princes contre les peuples,connue sous le nom de pacte de famille.

Enfin, comme si le génie de la nation avait dédai-gné de se montrer dans ces querelles étrangères, lesgénéraux de Charles-Quint n’eurent point de succès-