AUX JÎSPAGNOLS.
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seurs. On ne peut citer aucune victoire navale rem-portée par un amiral espagnol, depuis celle de Lé-pante, qui fut surtout l’ouvrage du républicain Doria;et dans la guerre de terre, elle n’a eu de succès quesous les princes de Savoie, les Farnèse, les Spinola,les Berwick et les Vendôme.
Ainsi, cette nation qui, au commencement du sei-zième siècle, devait s’attendre à une longue, paisible etglorieuse prospérité, n’a éprouvé que des malheurssous les races étrangères qui ont remplacé ses anciensrois. Et quelle en est la véritable cause? C’est queces rois appartenant à des maisons ambitieuses etpuissantes, se sont moins regardés comme les chefsdu peuple espagnol, que comme des princes autri-chiens et français, se sont occupés de la puissancede leur famille, bien plus que de l’intérêt de leursÉtats. La nature, pour consoler un peu la terre dumalheur d’avoir des rois, a lié leur puissance à laprospérité de leur pays, de manière qu’un princeéclairé fait encore quelque bien à ses peuples, mêmepar ambition et par orgueil : il favorise la populationet l’agriculture, parce qu’il lui faut des soldats et del’argent. Il craint de trop affaiblir sa nation, parcequ’il perdrait sa considération en Europe.
Mais tout change quand plusieurs princes d’unemême famille, suivenlde concert des projets d’agran-dissement ou d’importance diplomatique. La politi-que d’un roi d’Espagne, Autrichien ou Bourbon, sa-crifie sans regret le peuple qu’il gouverne auxintérêts de l’Autriche ou de la France ; il sait qu’ilaffaiblit sa puissance en ruinant son pays; mais il