AVIS
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alors aux Français dans une cause commune, donnez-vous, comme eux, les lois que vous croirez les pluspropres à voire bonheur.
Je n’ignore pas que ces cortès sont plus aristocra-tiques que ne l’étaient nos anciens Etats généraux.Mais le gouvernement ne pourrait refuser de lesconvoquer, sans soulever la nation ; mais elles nepourraient elles-mêmes refuser d’appeler une assem-blée conventionnelle qui, représentant le peupled’une manière plus légale, serait revêtue par luide pouvoirs moins limités. Il est plus facile d’or-ganiser, indépendamment des autorités établies,une réclamation qu’une assemblée de représentants.
II est plus aisé d’en faire partager la volonté à toutle peuple espagnol, et plus difficile d’y mettre obs-tacle. D’ailleurs, la réclamation d’une partie consi-dérable de la nation obligerait à convoquer lescortès, et le vœu d’une portion même plus étenduepour une assemblée nationale, pourrait ne produirequ’une guerre civile. Pour s’accorder sur le premierpoint, il suffit de sentir la nécessité d’un grand chan-gement; mais, pour adopter de concert une mesureplus forte, il faudrait déjà être convenu d’un certainnombre de principes , dont aucun n’a pu encoreêtre librement discuté.
D’ailleurs, la chaleur concentrée, la constantelonganimité des Espagnols ne permettent pas decraindre qu’ils s’arrêtent après le premier pas, etque leur attention, une fois fixée sur leurs intérêtsou sur leurs droits, puisse facilement être détournéeou lassée.