AUX ESPAGNOLS.
J 33
permettant d’agir que suivant ses vues étroites etfiscales. Ils n’altendenl aujourd’hui que le momentde développer, pour la gloire de leur patrie, lestalents qu’ils ont cultivés dans le silence et sousl’oppression.
Déjà 1 es sociétés des amis du pays y ont fait naîtrel’esprit public, qui deviendra bientôt celui de laliberté. Un sentiment d’indépendance, qui a survécuaux conquêtes de vingt peuples divers, au despotismede cent rois, anime les Catalans et les habitants desmontagnes. Tl a donné aux uns le courage de vaincre,à force d’industrie, les obstacles de l’avidité royale ;aux autres, la sagesse de conserver la pauvreté,comme une barrière contre les tyrans.
Mais il faut choisir. De plus grandes précautions ,pour tenir le peuple dans l’ignorance et les hommeséclairés dans l’inaction, seraient bientôt le fruit desterreurs du despote capétien. La perte des coloniesdeviendrait ou la suite de ses entreprises pour ven-ger l’orgueil de sa famille, ou le prix des traitéshonteux par lesquels il lui achèterait des défenseurs.Elle serait la conséquence nécessaire d’une ruptureavec la France, soit que l’Angleterre consentît à lalaisser agir, soit qu’elle vendît à l’Espagne un secoursintéressé.
Espagnols, vous n’avez plus à délibérer : d’un côtéla liberté et la prospérité publique; de l’autre, l’es-clavage et la misère vous menacent. Assemblez voscortès; oubliez, pour ne former qu’un peuple, cesvieilles rivalités que la politique de vos tyrans seplaisait à perpétuer; déposez votre roi; et, réunis