ADRESSE
AUX BATAVES.
Généreux Bataves, entendez ces accents de la li-berté qui tonnent autour de vous ; voyez ces drapeauxde vos tyrans, ces honteuses livrées des despotes dela Prusse et de l’Autriche fuir à l’aspect des saintsétendards de l’égalité. Le moment de briser vos fersest venu. L’orgueil des soldats de Frédéric, que legénie de leur chef n’anime plus, s’est évanoui. CeBrunswick, toujours prêt à se vendre aux oppres-seurs des peuples; ce marchand de votre liberté etde celle de la France, est effacé de la liste des guer-riers. Déjà George III voit, avec une surprise in-quiète, chanceler ce trône fondé sur des sophismes,et que les vérités républicaines ont ébranlé jusquedans ses fondements.
La France a proclamé la liberté du genre humain;un écho sourd, mais terrible, lui a répondu desbords du Mançarenès aux rives de la Neva, et les pa-lais des tyrans en ont tremblé; et vous seuls garde-riez un lâche silence !
Avez-vous oublié que, devançant les autres peu-ples dans la science de la liberté, vous avez longtemps