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Tome douzième.
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AUX GERMAINS.

I 54

à Berlin , à Madrid , à Pétersbourg, le secret des des-potes, qui ne conspirent l’anéantissement de la ré-publique française, que pour opprimer leur paysavec impunité ?

Si donc cés rois veulent conserver le sceptre prêtà se briser dans leurs mains, il faut que, renonçantà tout projet d’ambition, à toute conspiration contrela liberté universelle du genre humain , ils cherchentà établir dans leurs Etats une de ces constitutionsdemi-libres, comme celles de Suède, d’Angleterre,comme la constitution française de 1791. Il faut qu’ilsaient l’art d’en combiner les parties d’après l’espritgénéral du peuple. Ainsi, par exemple, si, commeen France, un peuple est fortement occupé du droitde l’égalité naturelle, s’il met sa gloire à détruireles préjugés , on doit bien se garder de placer parmiles ressorts du gouvernement la majesté du trône etl’adoration de la royauté constitutionnelle.

Il faut surtout que, dans les premiers mois decette constitution nouvelle, ils évitent avec soin derévéler au peuple, par des faits bien éclatants, cequ’elle a de dangereux pour la liberté, ce qui peutla rendre vraiment impraticable. C’est par ces seulsmoyens qu’ils peuvent espérer d’adoucir et de pro-longer du moins l’agonie de la royauté.

Mais l’abandon sincère du système de partage seraitalors leur première opération ; et ils ne peuvent cher-cher à combiner avec la guerre française la conquêtede l’Allemagne et de la Pologne, sans risquer d’ac-célérer une chute que trop de causes rendent iné-vitable.