AUX GERMAINS.
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raient obligésà leur obéir d’abord par devoir, ensuitepar honneur. Aujourd’hui la royauté n’est plus qu’unesuperstition politique, à laquelle on reste extérieure-ment fidèle, parce que, dit-on, un roi est nécessaireau maintien de la paix, parce que le peuple est tropignorant, ou trop corrompu pour être libre, pourn’obéir qu’à sa raison. Mais partout aussi le peuplecommence à savoir qu’on ne fait semblant de croireaux rois que pour le tromper, et. chaque trône,placé sur un abîme, n’attend qu’une faible commo-tion pour s’y engloutir.
Une autre cause en doit bâter la chute. C’est lamédiocrité personnelle, ce sont les vices des rois;secrets de cour qui, dans l’état actuel de la société,ne peuvent plus se cacher aux peuples.
On se lasse bientôt d’obéir à des hommes qu’onméprise; et par un heureux hasard, il n’existe enEurope aucun roi que ses mœurs, ses opinions, oula faiblesse de son esprit n’ait avili aux yeux de lanation qu’il gouverne.
D’ailleurs, ils ne peuvent réussir dans leurs projets,sans irriter les peuples par l’augmentation des im-pôts, par les maux qu’entraîne la guerre, même la plusheureuse. Trouveront-ils du crédit quand ils aurontépuisé leurs trésors? La chute de leur papier-monnaie,ou de honteuses banqueroutes ne doivent-elles pasamener des soulèvements dangereux?Croient-ils queleurs querelles avec les peuples libres ne servirontpas à éclairer plus rapidement ceux qu’ils appellentleurs sujets, et sur les crimes des rois, et sur l’absur-dité de la royauté elle-même? Ignore-t-on à Vienne,