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Tome douzième.
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AUX GERMAINS.

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N’est-ce pas encore à vous que nous devons JeanHus et Luther, ces hommes qui, les premiers, ontébranlé le colosse de la superstition ?

C’est du sein de la Germanie qu’étaient sortis ceshéros qui marquèrent un terme aux conquêtes deRome ancienne, et c’est d’elle que sortirent aussi ceshommes, plus courageux peut-être, qui, bravant à lafois la férocité superstitieuse des tyrans et l’hypocritecruauté des prêtres, arrêtèrent les conquêtes de Romemoderne, plus funestes encore. Et n’est-ce pas vousaussi qui avez révélé à la terre étonnée l’ordre dumouvement des astres, et les lois auxquelles ils sontassujettis dans leur marche éternelle?

Et dans le dix-huitième siècle, les compatriotes deCopernic, de Kepler et de Leibnitz, de Stahl et deBecker, seraient les stupides adorateurs des plus hon-teux préjugés qui aient avili l’espèce humaine! Ilschercheraient dans des diplômes ces droits que lanature a gravés dans le cœur de tous les hommesde courage! Au nom de la liberté, vous avez marché,avec Jean de Leyde, sous les drapeaux du fanatisme,et vous refuseriez de marcher avec nous sous les éten-dards de la raison !

Arrêtez vos regards sur les Français libres; cultivantune terre aussi libre qu’eux, leur travail n’appartientplus à un seigneur qui ait droit de les forcer à culti-ver ses possessions, à transporter ses denrées, à ras-sembler des bêtes fauves,, afin qu’il puisse les égorgeravec une dégoûtante facilité. Le produit de leur:;champs est à eux seuls, aucune loi ne les oblige de lepartager avec les prêtres ou les animaux sauvages.

il.