LETTRE
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le désir de répandre ces opinions parmi vous. Vousne ferez que montrer à vos citoyens la nécessité demettre en pratique ces maximes; car ils sentirontaisément que vos chefs ne haïraient pas tant ces prin-cipes, s’ils n’avaient pas le désir coupable d’abuserd’un pouvoir qu’eux-mêmes en secret regardentcomme illégitime.
Le temps de tromper les hommes est passé, et lesgouvernements, quels qu’ils soient, qui voudraientencore fonder leur pouvoir sur l’ignorance et les er-reurs des peuples, doivent s’attendre à voir le colossede leur puissance s’écrouler bientôt sur sa basetrompeuse et fragile.
Enfin, vous avez des cantons, des Etats alliés pu-rement démocratiques ; espérez-vous les aveugler aupoint de ne pas voir que notre cause est la leur, dene pas sentir qu’il vaut mieux pour eux devoir leursûreté, leur indépendance, à la noble amitié d’unedémocratie de 26 millions d’hommes , qu’au méprisdes tyrans de la Germanie ? Les frères, les descendantsde Guillaume Tell rougiraient d’accepter cette hon-teuse protection. Les successeurs d’Albert d’Autriche,les héritiers de Charles le Téméraire sont encore à vosportes; ils y sont avec l’insolence héréditaire des bri-gands couronnés ; ils sont là pour exercer sur un peu-ple libre ces fureurs auxquelles vos ancêtres ont suéchapper. C’est entre des tyrans sans pudeur et deshommes libres, c’est entre les successeurs de Geisler,et les imitateurs de Tell, que les Suisses encore di-gnes de ce nom, que ceux qui n’ont point plié latête sous le joug de l’aristocratie, ont à choisir au-