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Tome douzième.
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du peuple, est maintenant une de ces vérités qu’il n’estplus possible ni d’obscurcir par des sophismes, ni decacher aux hommes les moins éclairés-, et le moyende faire haïr à un peuple son gouvernement actuel,serait de s’obstiner à lui dire qu’il n’est pas en droitde le changer. Il verrait qu’on veut le tromper pourl’asservir, l’aveugler pour le dépouiller.

Tout prince, tout sénat, tout corps de citoyensqui méconnaîtra cette maxime sacrée, se déclarerapar cela seul, l’ennemi et le tyran du peuple qu’ilveut gouverner malgré lui.

Voulez-vous conserver vos gouvernements telsqu’ils sont, n’irritez pas vos citoyens en leur contes-tant leurs droits, mais gouvernez avec assez dejustice et de sagesse pour qu’ils craignent les chan-gements au lieu de les désirer. Ne voyez-vous pasqu’en traitant: les Français comme des ennemis, parcequ’ils professent les vérités que vous craignez, vousles obligez, pour leur propre sûreté, à faire tousleurs efforts pour les répandre? Ne voyez-vous pasque les gouvernements, en se déclarant contre nous,nous forcent à chercher des alliés dans ces mêmespeuples dont leurs chefs trahissent et méconnaissentles droits? Pour ceux qui sont persécutés, le prosé-lytisme devient une arme que le droit de la défensenaturelle leur commande d’employer.

Ainsi, vous n’empêcherez point les vérités quiont été le principe de notre révolution, d’être con-nues, adoptées parmi vous comme dans tout autrepays , et en vous unissant à nos ennemis, en parais-sant les favoriser, vous ne ferez qu’augmenter en nous