Band 
Tome douzième.
Seite
190
JPEG-Download
 

SUR LA LISTE CIVILE.

* 9 °

être supprimées, et à peine en existe-t-il une ving-tième partie qui soit rigoureusement libre.

J’oserai vous le dire, Messieurs, cette diminutiond’environ seize millions sur la dépense publique, àlaquelle vous êtes autorisés par la loi, serait dans tousles temps pour nous un devoir rigoureux : les cir-constances actuelles rendent ce devoir plus impérieuxencore, et peut-être avons-nous à nous reprocherd’avoir tardé trop longtemps à le remplir.

La surveillance sur l’emploi, jusqu’ici secret, d’unesomme si énorme, est un devoir d’une autre espèce,non moins indispensable. Nous avons juré de main-tenir la liberté du peuple, et un peuple n’est pas li-bre tant qu’il reste à l’un des pouvoirs établis parlui, la possibilité de corrompre. Un peuple n’est paslibre, tant que ceux qui agissent en son nom peu-vent être enchaînés, par l’espérance, à une autrevolonté que la sienne. Un peuple n’est pas libre, tantqu’une portion de l’impôt peut être soustraite auxdestinations réglées par la volonté nationale. Unpeuple n’est pas libre, tant qu’il peut être plus avan-tageux de le trahir que de défendre ses droits.

Nous avons juré d’être fidèles au roi. Eh bien,remplissons ce serment en écartant de lui des soup-çons injurieux, en détruisant tout ce qui pourraitéloigner la confiance publique. Ne l’outrageons pointen supposant qu’un revenu de neuf millions ne suf-fise ni à ses besoins, ni même à ses désirs. Et, parune loi juste et nécessaire, délivrons à la fois le peu-ple des défiances qui le tourmentent, et le roi desintrigants qui le trompent.