SUR LA RÉVOLUTION UE 1 688, ETC. I99
plus dangereux. L’empereur et le roi de Prusse fai-saient la guerre à la France au nom et pour les in-térêts de Louis XVI, et les moyens de défense, pro-digués par la nation, s’étaient comme anéantis entreles mains du roi et de ses ministres.
Tous deux se croyaient sûrs d’avoir la force d’op-primer la liberté, tous deux croyaient avoir trompéle peuple, et tous deux n’avaient réussi qu’à fairesentir aux citoyens clairvoyants la nécessité d’unerévolution nouvelle.
La position des deux nations n’élait pas la même.En Angleterre, la masse du peuple, mécontente,irritée, mais effrayée par le souvenir, encore récent,des guerres civiles, engourdie par le règne corrup-teur de Charles II, était disposée à embrasser la ré-volution, mais incapable de la faire. Le parlementn’était pas convoqué, et rien n’offrait un appui auxamis de la liberté. 11 fallut donc qu’ils appelassent àleur secours le prince d’Orange, dont un concourssingulier de circonstances avait lié les intérêts per-sonnels à ceux de la nation anglaise.
Guillaume, à qui la flotte anglaise ne disputapoint le passage, vint à la tête d’une armée hollan-daise. Celle de Jacques l’abandonna. Il prit la fuite,fut ramené à Londres, en sortit par l’ordre de songendre, qui désigna le lieu où il lui était permis dese retirer. Il s’enfuit une seconde fois, et Guillaumene chercha point à s’y opposer.
En France, le peuple, pour qui la liberté était unejouissance nouvelle, et l’amour de l’égalité une véri-table passion, ne pouvait, sans inquiétude, les voir