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Tome douzième.
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OU UN ROI EST-IL NÉCESSAIRE, ETC. 229

traire à l’établissement d’un gouvernement républi-cain, ne permet pas de craindre que l’idole de lacapitale puisse jamais devenir le tyran de la nation.

La division des pouvoirs, fondée, non-seulementsur la loi, mais sur la différence réelle des fonctionspubliques, est encore une autre barrière. L’armée,la flotte, l’administration des finances, celle de lajustice, sont partagées entre des hommes dont l’édu-cation, les lumières, les habitudes, sont essentielle-ment différentes ; il faudrait avoir détruit, corrompuou dénaturé tous ces pouvoirs, avant de pouvoirasjurer à la tyrannie.

Enfin, la liberté de la presse, l’usage presque uni-versel de la lecture, la multitude de papiers publics,suffisent pour préserver de ce danger. Pour touthomme qui a lu avec attention l’histoire de l’usur-pation de Cromwell, il est évident qu’une seule ga-zette eût suffi pour en arrêter le succès; il est évi-dent que si le peuple d’Angleterre eût su lire d’autreslivres que la Bible, l’hypocrite protecteur, démas-qué dès ses premiers pas, eût bientôt cessé d’êtredangereux. Les tyrans populaires ne peuvent agirque sous le masque, et dès qu’il existe un moyensûr de le faire tomber avant le succès, et de les for-cer à marcher le visage découvert, ils ne peuventplus être à craindre. Ne cherchons donc point ànous faire un mal réel pour prévenir un dangerimaginaire.

IL Un roi est nécessaire pour préserver le peuplede la tyrannie des hommes puissants.

Mais je lis notre constitution, et je demande oit