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Tome douzième.
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a34 I>E LA RÉPUBLIQUE,

loire , que celui d’une province domine par la forcesur des provinces voisines, ou qu’enfin des nobles,répandus dans un pays, y soient les maîtres de ceuxqui l’habitent, cet empire d’une multitude sur uneautre est la plus odieuse des tyrannies; cette formedu corps politique est la plus dangereuse pour lepeuple qui obéit, comme pour le peuple qui com-mande. Mais est-ce là ce que demandent les vraisamis de la liberté, ceux qui veulent que la raison etle droit soient les seuls maîtres des hommes? Auxdépens de qui pourrions-nous satisfaire à l’avidité denos chefs? Quelles provinces, conquises par un gé-néral français, dépouillera-t-il pour acheter nos suf-frages? Un ambitieux nous proposera-t-il, commeaux Athéniens, de lever des tributs sur les alliéspour élever des temples ou donner des fêtes ? Pro-mettra-t-il à nos soldats, comme les consuls aux ci-toyens de Rome, le pillage des Espagnes ou de laSyrie? Non, sans doute : et c’est parce que nous nepouvons être un peuple-roi que nous resterons unpeuple libre.

Telles sont les raisons qu’on allègue en faveurd’un pouvoir héréditaire, et l’on voit qu’aucuned’elles n’est applicable à la nation française dans l’é-poque actuelle. Quant à ces motifs si rebattus de l’u-nité, de l’activité du pouvoir exécutif (privilège ex-clusif de la monarchie), de la nécessité, quand lesmœurs sont corrompues, de conserver l’institutionla plus propre à les corrompre davantage, et del’impossibilité de constituer une grande république;quant à ces honteuses et perfides insinuations, qu’il