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Tome douzième.
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OU UN ROI EST-IL NÉCESSAIRE, ETC.

gine, n’ait pas toujours eu pour motif une utilitéprésente, bien ou mal entendue?

C’est, au contraire, l’existence d’un chef hérédi-taire qui ôte au pouvoir exécutif toute sa force utile,en armant contre lui la défiance des amis de la li-berté, en obligeant à lui donner des entraves quiembarrassent et retardent ses mouvements. La forceque l’existence d’un roi pourrait donner au pouvoirexécutif ne serait que honteuse et nuisible; elle nepourrait être que celle de la corruption.

Nous ne sommes plus au temps où l’on osaitcompter, parmi les moyens d’assurer la puissancedes lois, cette superstition impie qui faisait d’unhomme une espèce de divinité. Sans doute nous necroyons plus qu’il faut, pour gouverner les hommes,frapper leur imagination par un faste puéril, et quele peuple sera tenté de mépriser les lois si leur su-prême exécuteur n’a pas un grand maître de la garde-robe.

Des hommes qui se souviennent des événementsde l’histoire , mais qui ne connaissent pas l’histoire,sont effrayés des tumultes, des injustices, de la cor-ruption de quelques républiques anciennes. Maisqu’ils examinent ces républiques, ils y verront tou-jours un peuple souverain et des peuples sujets; ilsy verront dès lors de grands moyens pour cor-rompre ce peuple, et un grand intérêt de le séduire.Or, ni cet intérêt, ni ces moyens n’existent quandl’égalité est entière, non-seulement entre les ci-toyens, mais entre tous les habitants de l’empire.Que le peuple d’une ville règne sur un grand terri-