SUR L INSTITUTION!
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Cependant Rome, pendant tout ce temps, fut unegrande république ; et si on en excepte les tenta-tives malheureuses des Gracques contre l’aristocra-tie, Rome fut glorieusement et paisiblement gou-vernée.
Jusqu’ici on avait dû garder le silence sur la pos-sibilité, et, on ose le dire, sur la nécessité d’ache-ver de donner à la France une constitution républi-caine, parce qu’on se croyait lié par la reconnaissanceà un roi qui, après cent soixante-quatorze ans d’in-tervalle, avait rappelé les assemblées de la nation,qui, par un arrêt mémorable, avait invité tous lescitoyens à examiner la forme qu’il fallait donner àces assemblées, et reconnu que le peuple tenait sesdroits, non de l’usage, mais de la nature; qui, troptimide, trop mal conseillé pour oser étouffer, dansune convocation sans distinction d’ordres, le germede toutes les haines, avait du moins accordé aux ci-toyens non privilégiés une égalité dont leurs lumièreset leur fermeté ont su faire un si digne usage. Lesfautes multipliées qu’il avait faites depuis, sem-blaient devoir être effacées par ce serment libre-ment prêté par lui dans le sein de l’Assemblée na-tionale, et celui par lequel la nation entière y avaitrépondu était devenu pour elle un véritable lien;mais lui-même l’a rompu, mais sa fuite nous a déga-gés de toute obligation (1). Libres aujourd’hui de
(1) Non-seulement on a été jusqu’à dire que le serment de main-tenir la constitution nous obligeait envers le roi, après que , parsa fuite et par son mémoire, il a révoqué son acceptation; comme