OPINION
SUR LE
JUGEMENT DE LOUIS XVL
Dans une cause où une nation entière offenséeest à la fois accusatrice et juge, c’est à l’opinion dugenre humain, c’est à celle de la postérité qu’elledoit compte de sa conduite. Elle doit pouvoir dire :Tous les principes généraux de jurisprudence, recon-nus par les hommes éclairés de tous les pays, ontété respectés. Elle doit pouvoir défier la partialité laplus aveugle, de citer aucune maxime d’équitéqu’elle n’ait observée; et quand elle juge un roi, ilfaut que les rois eux-mêmes, dans le secret de leurconscience, soient forcés d’approuver sa justice.
Il importe au bonheur de l’espèce humaine, quela conduite de la France à l’égard de l’homme qu’ellea trop longtemps appelé son roi, achève de guérir lesautres peuples de ce qui peut leur rester de supersti-tion pour la royauté : ii faut craindre surtout del’augmenter chez ceux sur qui cette superstitionrègne encore. Tous les peuples ne reconnaissent pasles vérités éternelles, bases inébranlables de la ré-publique française ; et tandis que nos philosophes et