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Tome douzième.
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OPINION

juger le roi? Le corps législatif ne pouvait avoir,suivant l’esprit de la constitution, le pouvoir del’accuser. À qui pouvait-il appartenir? à la nationseule, et dès lors à des représentants nommés parelle pour former une convention. Il aurait donc falluque la constitution traçât, aux Assemblées natio-nales législatives, précisément cette même conduiteque l’Assemblée de 1791 a suivie le 10 août; et sion se rappelle avec quelle timide circonspectionl’Assemblée constituante a parlé du droit impres-criptible qu’a le peuple de changer ses lois constitu-tionnelles, on s’étonnera moins de voir qu’elle n’aitpas osé lui faciliter les moyens de l’exercer, en pla-çant dans l’acte constitutionnel le mode suivantlequel, dans le cas d’accusations graves portées con-tre le roi parles citoyens, les législatures pourraientappeler une .Convention nationale.

On a dit : Louis XVI ne doit pas être jugé; car,s’il n’avait pas compté sur une inviolabilité abso-lue, il aurait peut-être refusé la royauté. Quoi! ilaurait refusé la royauté, si on ne lui avait pas dit :Vous pouvez impunément commettre tous les cri-mes , même celui de trahir une seconde fois lepeuple qui vous a donné le trône pour récompensed’une première trahison? Mais Louis XVI, déjà dé-claré inviolable, et dans les mêmes termes, avantcette première violation de son serment, se croyait-ilà l’abri d’un jugement lorsqu’il a été ramené deVarennes? Mais Louis XVI ne savait-il pas que seslâches serviteurs, malgré toute leur bassesse et touteleur puissance, n’ont pu, je ne dis pas faire adop-