SUR LE JUGEMENT DE LOUIS XVI.
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Je passe maintenant à une troisième question.
Où le roi doit-il être jugé?
Cette question me paraît avoir une importanced’opinion, plutôt qu’une importance réelle. Les dan-gers pour cette tranquillité, qui doit accompager tousles actes de ce jugement solennel, sont partout lesmêmes, s’ils existent.
Partout vous trouverez à combattre, ou les mou-vements d’une grande masse de citoyens, ou ceuxd’une force armée oisive et nombreuse.
Partout on aura les mêmes intrigues à déjouer,partout elles sauront trouver des moyens d’agir dif-férents, suivant les circonstances, mais égalementdangereux.
Quant à l’importance d’opinion , elle s’affaiblit en-core par cette seule considération que les objectionsse porteront toutes contre le parti que vous aurezadopté, quel qu’il puisse être, qu’il y aura toujoursdes intentions à supposer, et des projets à dénon-cer.
Je me bornerai donc à deux observations : l’une,que si le jugement se fait, suivant l’ordre naturel ,dans le lieu où le délit a été commis, où l’accuséavait son domicile, vous devez donner au tribunalles moyens de s’entourer d’une force indépendantequi assure la liberté de ses délibérations.
Si, au contraire, vous jugez qu’il doit pouvoir sefaire ailleurs, alors vous devez laisser aux jurés ledroit de choisir le lieu de leurs séances; et afin deleur assurer une indépendance entière, fixer uneville, autre que Paris, pour leur premier rassemble-